Deepomatic, un nouveau moteur de recherche au service de la mode, 100% français

Deepomatic est une start-up française dédiée à l’intelligence artificielle et à l’image. Son domaine de prédilection est la mode et l’équipe a pour ambition de répondre à un besoin grandissant des internautes, avoir accès à tout, tout de suite en créant un moteur de recherche de reconnaissance d’images.

Les prémices de la start-up

Deepomatic est née de la rencontre de trois amis, à l’école Normale Sup de Lyon : Augustin Marty, Alois Brunel et Vincent Delaitre. Leur première idée est de monter Smyle. Le but était de créer une marketplace qui récupère tous les sacs et les chaussures disponibles chez les e-commercants francais et de permettre aux utilisateurs de naviguer à travers cet immense catalogue pour trouver des articles qui se ressemblent. En clair : une envie d’un sac Marc Jacobs alors que les économies font défaut ? Il suffisait à l’utilisateur de rentrer une photo du modèle voulu et Smyle se chargeait de trouver un article similaire, à prix bien évidemment plus avantageux.

Les trois amis, un peu trop ambitieux, ont décidé d’arrêter cette affaire et de se concentrer sur ce qui savent faire le mieux : le développement de la technologie de recherche par image. Deepomatic voit alors le jour.

Les trois compères sont partis de trois constats. Premièrement, le mode de consommation de prédilection est désormais le ATAWAD (any time, anywhere, any device),  74% des français lisent au moins une marque de presse en version numérique, et 54% sont des lecteurs sur mobiles ou tablettes[1]. Deuxièmement, le e-commerce est en plein essor. Selon le dernier baromètre de la Fevad (Fédération du e-commerce et de la vente à distance) 35,5 millions de français achètent sur internet, et 6,6 millions d’entre eux ont déjà effectué des achats à partir de leur mobile[2]. La mode représente une part importante du marché du e-commerce, l’habillement et les chaussures ont effectué en 2016 5,2 milliards d’euros de chiffre d’affaire. Troisièmement, les français deviennent de plus en plus allergiques à la publicité. Un sur trois affirme avoir déjà installé un bloqueur de publicité[3]. Cette aversion envers la publicité numérique est une préoccupation pour les annonceurs qui doivent s’adapter et chercher de nouvelles solutions de publicité.

L’objectif de Deepomatic est donc de répondre aux envies tous les clients des sites de e-commerce tout en satisfaisant également les éditeurs et les e-commerçants.

Deepomatic, comment ça marche ?

Deepomatic est installé directement sur les sites des éditeurs de magazines féminins. Grâce au deep learning, l’algorithme développé repère les différents éléments qui composent les photographies présentes sur les sites internet visités par les internautes : la robe, les chaussures, le chapeau, les lunettes etc. L’algorithme recherche ensuite sur les sites de e-commerce la pièce en question (le “perfect match”), ou bien d’autres articles similaires (forme, couleur, motifs).

Cette technologie tend à satisfaire tous les acteurs de la chaine, les éditeurs, les e-commerçants ainsi que les consommateurs finals. En liant des images des sites internet des éditeurs à des produits achetables, l’algorithme permet aux médias de monétiser automatiquement leur contenu tout en apportant un trafic qualifié aux e-commerçants. Les internautes, quant à eux, ont désormais la possibilité de trouver facilement leurs produits de mode préférés, sans avoir à se disperser sur les dizaines, voire les centaines de sites des e-commerçants.

L’outil Deepomatic est disponible sur le site « Puretrend », qui poste plusieurs centaines de photo par jour. Et avec plusieurs millions de visiteurs uniques par mois sur le site, ce nouveau système de référencement représente une manne potentielle pour les sites commerciaux.

La publicité, un ras le bol grandissant

Le modèle publicitaire actuel est obsolète et contraint d’évoluer. L’objectif est de Deepomatic est de donner à la publicité en ligne une forme innovante. Pour cela, l’équipe installe un iframe discret au sein des pages articles, avec la possibilité d’être redirigé vers la boutique de l’e-commerçant. Cette publicité in-content est pour l’éditeur une valeur ajoutée qui permet de rompre avec le modèle d’une publicité intrusive pour l’internaute. La publicité devient moins agressive, le but étant réellement de cibler le public. La publicité est alors contextualisée et interactive. Ce sont les internautes qui viennent chercher le service, qui décident d’interagir avec l’image et de s’engager dans une démarche commerciale.

De plus, Deepomatic propose aux e-commerçants de développer ensemble de nouveaux leviers d’acquisition de trafic grâce au shoppable content. L’univers éditorial est tout à fait capable de générer une performance significative. Dans la mesure où Deepomatic rend un service à l’internaute, les CTR sont élevés et apportent un trafic important au site d’e-commerçants. Les tests réalisés par frenchweb ont montré que du shoppable content sur une vidéo promettait des taux de clic entre 7 et 11% et entre 3 et 5% sur des photos shoppable[4].

Comment la start-up se rémunère-t-elle ?

Deepomatic se rémunère par le biais d’une commission de 5% sur le prix des articles vendus via l’outil proposé. Le modèle d’attribution choisi est le modèle du last click. Il ne s’agit pas du modèle idéal car de nombreux articles peuvent sortir de leur champ d’attribution. Le modèle d’attribution de Deepomatic serait donc à repenser, mais un obstacle de taille est venu semer le doute dans la traçabilité des internautes. Le 11 janvier dernier, la Commission européenne a dévoilé son projet de révision de la directive de 2002 sur la « e-privacy »[5]. Bruxelles prévoit que les cookies tiers (ceux qui ne servent pas au fonctionnement direct du service, mais qui permettent de connaître les habitudes des internautes) devraient être bloqués par défaut et que leur activation dépendrait de l’utilisateur. Cette mesure fait trembler l’industrie publicitaire. Le but est louable : renforcer la sécurité des données personnelles, mais il met en péril le système publicitaire. Il serait alors impossible pour Deepomatic de tracer les achats effectués grâce à l’algorithme…

Une vocation à devenir le véritable « Shazam » de la mode ?

Dans un futur plus ou moins proche, Deepomatic a pour ambition de mettre à disposition cette technologie innovante entre les mains du consommateur. L’équipe fait le pari qu’il y aura de plus en plus de recherches par voix ou par image, comme le démontre à l’heure actuelle l’essor des assistants vocaux, tels que Siri, Google Voice ou encore Amazon Echo.

Technologie prometteuse avec un système d’utilisation très simple. Via une application Deepomatic, chaque utilisateur pourra photographier un vêtement dans la rue, sur une affiche, voire sur une personne et retrouver d’un clic, grâce à l’algorithme, la pièce recherchée ou encore des articles semblables sur tous les sites de e-commerce. Le bonheur à portée d’un clic ? En effet, quelle femme n’a jamais rêvé d’avoir la même robe que son ennemi sans avoir à lui demander où elle l’a trouvée ?

Alice Petit

[1] ACPM, One Global, 2016 V4

[2] http://newspaper.fevad.com/wp-content/uploads/2016/09/Plaquette-Chiffres-2016_Fevad_205x292_format-final_bd.pdf).

[3] Baromètre sur les Adblocks sur le marché français, vague 2, novembre 2916 http://www.iabfrance.com/content/etude-sur-les-adblocks-presentation-de-la-v2.)

[4] http://www.frenchweb.fr/5-enseignements-a-tirer-du-shoppable-content/268479

[5] http://www.lefigaro.fr/medias/2017/01/05/20004-20170105ARTFIG00300-en-menacant-les-cookies-bruxelles-inquiete-l-industrie-publicitaire.php

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